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L’histoire de la pelote, version longue.

Sérieusement, j’étais persuadée d’avoir écrit ici il y a moins d’une semaine, et pfiou, cela va bientôt faire deux semaines ?

Mais où est donc passé mon temps ?

Peut-être au cinéma, où Red 2 aura eu le mérite de me divertir / rire : Je deviens soit très bon public, soit je n’aime plus me prendre la tête. Ce n’était pourtant pas un problème de prise de tête que la vision du film Tip Top, avec Sandrine Kiberlain, François Damiens & Isabelle Hupert, qui sont censés être des acteurs dont j’admire le travail. Je dis censés parce que je n’ai pas trop compris ce que je faisais encore là, au bout de seulement 55′ de film. Je m’attendais à quelque chose d’absurde, je pense m’être retrouvée face à un cas rare de film n’allant tellement nulle part, même en tant qu’exercice (de quoi d’ailleurs ?), que j’ai fini par sortir de la salle, fait exceptionnel (ça ne m’est arrivé que deux fois dans toute ma vie de cinéphile. Le premier était aussi français d’ailleurs – on en concluera ce qu’on voudra).

Il est toujours très intéressant d’être confronté à l’absurde : pas à l’idiotie.

En parlant de choses absurdes, j’ai eu cette très nette impression de me retrouver dans une scène absurde de cinéma il y a peu de temps. Le récit ?

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Marchant d’un pas plutôt joyeux en sortant de Red 2 justement, j’ai pris cet habituel escalator menant en plein milieu de ce quai de métro. Hop, le quai, hop, marchons vers le bout du quai justement. Tiens, curieux, quelque chose me retient en arrière.

Tiens, il y a un fil qui s’échappe de mon sac.

Normal, j’ai un ouvrage en cours dans mon sac, la pelote a du tomber par terre, un peu plus en arrière, rebroussons chemin ?

Tiens, ça va plus loin que je ne le croyais. Vers l’escalator ? Ah, ça continue ?

Je remonte ce fil, trouvant déjà la situation assez comique en soi, jusqu’à ce que je réalise que la pelote n’est toujours pas en vue, et qu’elle semble bien se trouver…
En bas de l’escalator que je viens de prendre il y a 2′.

Me voilà donc devant l’escalier mécanique, mon sac à l’épaule et un fil que je tente d’enrouler rapidement mais pas trop parce que… ah ! mais en fait mon ouvrage, celui dans le sac, est en train de se défaire là, mais en fait la pelote est coincée en bas, et elle tire, et le fil se barre, et mon ouvrage se dévide, et… aaaaah, légère panique, regard amusé d’un voyageur sur le quai qui remarque moi-mon-tas-de-laine-mon-sac-le-fil-qui-vient-de-l’escalator-c’est-pas-normal, essaie de m’aider, et nous voilà tous deux en train de demander à ceux qui sont encore en bas, là, ou sur l’escalator, de remonter cette pelote ! Les passagers de l’escalator, perplexes, regardent en arrière. On ne peut pas, semblent-ils dire.

Tiens mais en fait la pelote en elle-même n’est pas sur l’escalator.

Réalisation que je ne vais pas pouvoir simplement remonter cette pelote en tirant dessus – déjà qu’a priori il me faudrait attendre qu’elle se dévide entièrement -, mais qu’elle se trouve de fait derrière la barrière, tout en bas, et qu’à un moment elle va se retrouver coincée, ou emporter tout mon ouvrage qui se défait toujours, soit dit en passant. Enfin, réalisation, c’est vite dit, car j’ai à peine le temps d’y penser que…

… voilà qu’arrive une jeune femme et sa trottinette. Qui a pris l’escalator. Elle, et sa trottinette, dans l’escalator, où se trouve le fil de ma pelote. Vous n’y croirez pas, je n’y croyais pas :

C’est moi ou sa trottinette est prise dans un fil de laine là ??

Mais oui, et elle ne comprend pas plus que moi ce qui s’est passé, et nous voici maintenant occupées à tenter de délivrer sa trottinette, mais en fait je n’ai pas le temps, parce que dans mon champ de vision – derrière elle et sa trottinette, vers l’escalator – apparaît une VALISE.

Qui tombe.

Boum, sur le quai. Ma tête incrédule réalise alors que la valise est tombée parce que son propriétaire a les jambes prises.

Dans… UN FIL DE LAINE.

Je suis dans un film de Jacques Tati là ?
Buster Keaton ?

J’hésite entre céder au fou rire nerveux devant l’absurdité de tout ce que cet escalator vient de rejeter devant moi et paniquer de ne pas réussir à arranger la situation avant que cela ne s’aggrave :

Des ciseaux ! un couteau ! Mais c’est que ça tient solidement un fil de laine en fait !

Je ne sais plus combien nous sommes devant ces marches qui continuent de tourner, tranquillement, et nous bien moins tranquilles à crier aux gens en bas d’attraper cette pelote AVANT d’entamer joyeusement leur périple (oui, là ça peut bien tourner au périple) sur cet escalator, mais peine perdue, ça va trop vite, et je contemple (nota : contempler induit une idée de temps long. Dans le cas présent, je ne devrais pas l’utiliser, parce qu’en vrai tout allait beaucoup trop vite) le fil, mon ouvrage, mon sac, et l’idée de tirer un coup sec sur ce fil beaucoup trop résistant, mais qui aurait cru que c’était aussi solide ??

Buster Keaton, ça finit souvent mal, non ?

Et puis l’apparition.
Une femme, asiatique, perplexe, sérieuse, émerge de là, en train de rembobiner, à une vitesse folle il faut le dire, ma pelote de laine.
Et me la tend sans plus de cérémonie, comme si c’était bien la chose la plus normale au monde d’avoir attrapé cette pelote en bas, tout en bas, derrière la barrière, et d’avoir pris l’escalator du métro avec tout en la rembobinant rapidement avant de me la tendre en arrivant en haut, et de s’en aller aussi sec.

Waw. Sauvée ! (sauvés ?)

Et comme dans un timing parfait de film absurde, le métro est entré en station juste à ce moment là. Pile pour tous les protagonistes de cette histoire qui n’aura duré qu’à peine quelques minutes finalement, de monter dedans sans plus de cérémonie ni se dire un mot.

Mais en souriant un peu.

Ouvrage au crochet qui avance :)
Epilogue : me voilà bonne pour recommencer cette écharpe qui n’en finit pas…

4 Comments

  1. Quelle histoire!! Justement j’ai oublié de te demander de me la raconter en entier quand on s’est vues! Mais là, c’est encore mieux!

    Posted on 19-sept-13 at 11:09 | Permalink
  2. MissRumeur

    Aldrikh a le chic pour raconter des histoires absurdes, et toi, pour les écrire ! on suit l’histoire de la pelote aussi bien qu’un court-metrage, que quelqu’un devrait vraiment tourner à mon gout !

    un jour cette echarpe sera finie, un jour … :)

    Posted on 19-sept-13 at 11:52 | Permalink
  3. Izura

    Ahhhhh mais c’est ça qui s’est passé !
    Je me demandais pourquoi tu avais mis autant de temps pour arriver sur le quai :)

    Posted on 19-sept-13 at 18:34 | Permalink
  4. @angelubies : hehehehe oui, ça m’a pris du temps de penser à comment écrire ça correctement en fait ;)

    @missrumeur un court-métrage de pixar ! je vais aller leur proposer :D et l’écharpe, j’y crois plus trop :D

    @izura mais j’y crois pas que t’aies rien vu en étant sur le quai d’en face… :D

    Posted on 21-sept-13 at 12:35 | Permalink

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