Skip to content

Je sais, je devrais…

Cet après-midi a été extrêmement constructive pour mon chez moi, mais alors pour le reste... #home

Je sais, je devrais écrire sur ce voyage, sur ces voyages, finir de trier mes photos, continuer mon récit. ✎

Mais à vrai dire, je crois bien que je ne suis pas encore tout à fait rentrée dans ma tête.
Lente, comme toujours ? Ca fait un mois.

Je ne voulais pas rentrer. D’abord, bien sûr, parce qu’en vacances, on n’a jamais envie de rentrer : la vie est différente, tous les jours, on découvre des nouvelles choses, libre, hors de la routine, hors du temps – en parlant de notion de temps, j’ai beau savoir qu’on est en mai, j’ai cette curieuse sensation qu’un bout de mon temps ici est passé à la trappe, bien évidemment, et le temps qui passe en ce moment le fait d’une façon discontinue, discordante, irréelle. Je me suis retrouvée à contempler la carte du métro parisien en me demandant pour la première fois depuis des années où était telle station et comment déjà y accéder. J’ai bloqué pendant bien 10′ à essayer de retrouver le nom d’un site que je consultais quasi tous les jours avant de partir. Les habitudes sont-elles finalement aussi ancrées qu’on le croit ?

Je ne voulais pas rentrer aussi parce que je ne voulais pas me retrouver confrontée à certaines choses. Ma famille, oui, mais aussi l’état de mes relations amicales, qui dernièrement, cette dernière année, me semble se déliter à une vitesse affolante. La faute à… tout et rien, finalement, mon évolution personnelle qui laisse de moins en moins de place à celle que j’étais avant, si patiente, si compréhensive, si conciliante. Les gens autour de moi qui évoluent différemment. Comment espérer, désormais, que tout pouvait rester comme avant ? Encore une fois, croire que les choses peuvent durer sans heurts et sans changement est illusoire même si on aimerait tellement.

J’ai à la fois la nostalgie des moments passés et l’impression diffuse que vieillir, grandir, c’est en quelque sorte affirmer ses contours initialement flous. Tel un croquis fait à la hâte, un crayonné, au pastel, j’avais l’impression d’être délicate et un peu transparente, un brouillon de personne, modifiable à volonté. Voilà que les contours donc s’affirment, plus nets, bien plus visibles. Plus difficiles à changer, aussi. Quelqu’un m’a dit récemment que j’avais une vraie personnalité : j’en suis restée étonnée, gardant encore cette idée de ce moi si adaptable et indéfinie. On m’a aussi reparlé de ma capacité à apaiser autour de moi, j’ai ri. Un proche parlant de mon manque de patience aura sans doute bien plus raison sur mon véritable caractère…

Des questions, je m’en suis toujours posée, mais elles sont différentes à présent. Des questions sur ce qu’est la moralité, les choses à faire ou à ne pas faire, les arrangements personnels qu’on est amené à faire avec soi même pour pouvoir continuer sans trop culpabiliser, et tellement de choses de ce genre… Mes décisions sont-elles les bonnes ? Il faut déjà les assumer. Et durcir les contours. En cette période un peu étrange, avant ce second tour, où les gens autour de moi semblent près à presque s’écharper pour leurs idées politiques ou simplement morales, mes réflexions trouvent une drôle de résonance dans un climat tendu pour tous.

(Mais pourtant j’ai toujours aimé les crayonnés…)

3 Comments

  1. J’ai cru que j’avais, dans la nuit, récupéré les identifiants de ton blog et publié cet article moi-même… C’est EXACTEMENT l’état d’esprit dans lequel je suis.

    C’est marrant, il m’arrive la même chose pour mes relations amicales… Mais j’en viens carrément à me demander si je n’ai pas fait certaines choses, inconsciemment, pour que des personnes s’éloignent encore plus rapidement… Je l’ai fait pour mes deux exs en tout cas, j’en suis (malheureusement) convaincu…

    (Bon, et finalement tu l’as publié, cet article ;) )

    Posted on 30-avr-12 at 16:49 | Permalink
  2. :) Je ne savais pas comment le finir, mais des évènements récents m’ont poussée à reprendre cet article en fait… Je crois que les relations amicales, vaste sujet, quoi ;)

    Posted on 30-avr-12 at 21:16 | Permalink
  3. c’est pas tant pour les relations amicales que je me reconnais dans ton article, mais pour ce vaste flottement du retour, savoir si on a envie que le quotidien soit le même, les choses qu’on a pas envie d’affronter… L’atelier du bonheur que j’ai fait en début d’année ne cesse d’avoir écho en moi à mesure que je traverse les jours, et il y avait cette phrase comme quoi on a pas forcément besoin de tout changer pour être heureux mais surtout qu’il faut se rappeler ce qu’on aime et surtout le faire beaucoup…

    Posted on 15-mai-12 at 22:09 | Permalink

Post a Comment

Your email is never published nor shared. Required fields are marked *
*
*