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kore, sore, are.

Ta Chi Tsu Te To. Ha. Hi. Hu. He. Ho.

Je prends des cours de japonais.
(Vous voyez, je fais dans le thème continu en ce moment, mine de rien, ou du moins dans le rapport d’un post à un autre).

Une heure trente par semaine, au dernier rang d’une salle de classe qui est de fait un préfa situé dans une cour d’un lycée très parisien-harrypotterisien avec grande cour centrale et feuilles mortes en ce moment à la clé (pardon je faisais un concours personnel de longue phrase là), en compagnie d’une quinzaine d’autres élèves adultes, je prends des notes, je répète des mots, j’apprends des constructions de phrases, et à la fin du cours on fait des lignes d’hiragana, celles ci donc.

Tracer des caractères japonais me rappelle mes cinq années de cours de calligraphie japonaise. Il n’y a pas si longtemps que j’ai réalisé, après la disparition l’été dernier de ma professeur de calligraphie, qu’elle n’était certes plus là… mais qu’elle ne serait plus jamais là pour m’enseigner des choses, corriger mes signes, me dire de recommencer encore et encore jusqu’à non pas la perfection mais être capable de tracer un signe correct et correspondant à soi-même.

Je triais mes si nombreuses feuilles de cours, remplis d’encre, de signes, et cette pensée là m’est venue. Et d’autres, bien plus positives. Au delà de la tristesse, j’ai réalisé aussi que tout ce que j’avais appris était resté.

Je n’ai pas appris qu’à tracer des signes, ce n’est pas seulement ma main qui se déplaçait. Le corps, la respiration, la tension… tout agit. Elle avait l’habitude de retourner nos feuilles pour nous montrer les différentes pressions exercées par le geste menant à cet apparent simple trait. Toutes nos humeurs, tout notre caractère transparaissait, rien ne lui échappait. J’y ai aussi appris d’importantes notions d’espace et de vide dans la composition, très asiatiques, qui se heurtèrent comiquement une année avec celles enseignées en techniques à l’eau par son… mari. D’y repenser, même maintenant, me fait sourire.

Aujourd’hui encore quand je m’y remets, rien n’a été oublié, que ce soit avec un pinceau ou un simple stylo noir : je me surprends à soulever mon feutre noir en écrivant. Je l’ai fait mardi soir en alignant les signes à la fin du cours, et mes voisins regardaient, étonnés, mes lignes d’écriture en me complimentant (en bonne asiatique j’ai instantanément expliqué que j’avais pris des cours de calligraphie et que c’était normal, je n’étais pas spécialement douée. Prévisible hein ?).

J’aime cette idée que des choses apprises il y a longtemps me serviront d’une manière ou d’une autre plus tard, comme dans ces lignes d’hiragana ci contre. J’aime me dire que je change encore, que j’évolue : et même si je me pose beaucoup de questions en ce moment sur mon rapport à mes proches… j’aime avancer, un tout petit peu. Et être heureuse d’apprendre quelques phrases de japonais.

Kore, Sore, Are : Ceci, Cet, cela, etc. Employé pour désigner des choses.

Kore (près de moi / loin de toi).
Sore (loin de moi / près de toi).
Are (loin de nous).

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