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Onze choses et eux (et moi).

18-mai-12

Un long post qui parle de moi, ça fait longtemps, tiens.

Elle et lui partent, je leur ai dit au revoir, je suis heureuse d’avoir croisé leur chemin, d’avoir fait partie de leur petit monde, ces deux dernières années où j’en avais besoin. Pourtant je suis totalement réfractaire au changement. Je cours après une stabilité que je n’ai pas, que je n’ai jamais eue. Je sais que les choses ne durent jamais et j’ai appris à relativement l’accepter. Je ne m’inquiète pas, ce n’est jamais un vrai au revoir, on se recroisera.

Sur son blog à elle, il y a quelque temps, onze choses, et onze questions. Allons-y.

Les règles.

Poster les règles.
Chaque personne doit écrire 11 choses sur elle et son blog.
Répondre à 11 questions.
Créer 11 nouvelles questions pour les personnes taguées.
Choisir 11 personnes et mettre le lien de leur blog sous le post.
Se rendre sur leur blog pour leur dire qu’elles ont été taguées.

11 choses sur mon blog et moi.

Ca arrive aussi à Littlesa :)

➪ 1. Mon pseudo “littlesa” vient de l’époque où, commençant un petit boulot d’été (j’avais dans les 19 ans je crois), mon chef me demanda de trouver autre chose que “sabine at société.truc” parce qu’il y avait déjà une autre Sabine. J’ai réfléchi 5′, pensé que j’étais petite, et donné “littlesa”. A l’époque, on me surnommait plutôt “sasa” ou “sasachan” parce que je fréquentais des fans d’animation japonaise. Après toutes ces années, littlesa est donc resté.

➪ 2. J’ai été fan d’animation japonaise, parce que je regardais beaucoup de dessins animés sur feu la 5, ce qui m’a naturellement conduite là dedans. Du coup, je sais plein de trucs qui ne servent à rien, comme le nombre exact des épisodes de Jayce et les Conquérants de la Lumière, qui, non, n’a pas de fin, ou que les Cités d’Or est une coproduction franco-japonaise et que l’histoire est tirée d’un roman que je possède. J’ai vu tous les films des Studios Ghibli, et de cette période me reste un étonnement sincère quand on me dit par exemple qu’on n’a jamais vu Tonari noTotoro.

➪ 3. Je suis toujours plus âgée que ce qu’on croit. Mais les gens autour de moi ont systématiquement tendance, même en connaissant mon âge, à finir par me considérer comme plus jeune qu’eux.

➪ 4. Je suis hyper angoissée (et j’ai des tas de raisons de l’être). Mais comme j’ai été élevée en bonne asiatique, j’ai presque toujours l’air calme et apaisée. Sauf si on me connaît. Je suis la fille la plus angoissée de l’univers.

Clay dolls du drama coréen. Oué, vais plutôt dormir. Ou m'intéresser à la technique.

➪ 5. J’en viens toujours à faire des trucs qui paraissent super intéressants aux gens pour des raisons débiles / dont on n’aurait pas idée. Exemple : j’ai fait partie d’une chorale pour sortir de la dépression. Je me suis mise à la calligraphie japonaise parce que j’étais persuadée que j’étais nulle en dessin. Je vais me mettre au coréen parce que je regarde des séries tv coréennes. Je commence à m’intéresser aux figurines en terre cuite pour la même raison.

➪ 6. Ce blog est vieux, très très vieux. Il a toujours parlé de moi. Je dois avoir un ego surdimensionné, non ? A une époque lointaine j’étais capable de bloguer deux fois par jour. Aujourd’hui je me demande encore ce que je pouvais bien avoir à raconter et je n’ai plus grand chose à dire. Et puis twitter est passé par là.

➪ 7. La plupart de mes plus proches amis actuels viennent de rencontres via blogs interposés.

➪ 8. Je suis incapable de raconter mes voyages, ça se voit, non ? Je crois que je vais finir par vous raconter de simples anecdotes.

➪ 9. J’ai été timide à un point inimaginable pendant longtemps. Ensuite, ces dernières années, je suis devenue bizarrement hyper sociable. Depuis mon retour de mon long voyage, j’ai une tendance marquée pour l’asociabilité. Je ne peux rien faire en demi-mesure, hein ?

➪ 10. J’ai traversé une dépression telle que je me demande encore, même si j’en suis très heureuse à présent, comment j’ai fait pour être encore en vie. Les écrits de cette période sont encore quelque part sur la toile et je songe régulièrement et de plus en plus souvent à présent à les faire disparaître. Ma vie entière est donc fragmentairement disponible sur différents blogs, mais pourtant il n’est a priori pas possible de faire le lien entre toutes les parties de ma vie ni la réelle à moins que je ne le décide. Un jour, un jeune ami geek de ma connaissance s’est mis en tête de trouver mon nom. Je crois qu’il chercherait encore si je ne lui avais pas donné.

➪ 11. Quand j’étais petite, j’ai déclaré être de gauche parce que j’étais gauchère et j’aimais bien la rose du parti socialiste (excellentes raisons, non ?). Et que j’avais l’impression que Mitterrand avait l’air sympa. Je suis une enfant de gauche, finalement… même si je viens d’une famille d’asiatiques votant systématiquement à droite, vive les clichés. Aux dernières années du socialisme au pouvoir, j’étais à la fac et en âge de voter lorsque Chirac accéda à la présidence de la République face à Jospin, oui… Ce qui renvoie au 3. pour mon âge.

Les 11 questions de Thien.

➪ 1. Quelle réplique de film pourrait te définir ?
Pour le coup, je ne sais pas si c’est dans le film, mais une réplique du roman “Auprès de moi toujours” de Kazuo Ishiguro : “Je pense que j’avais perçu qu’au-delà de cette ligne il y avait quelque chose de plus dur et de plus sombre, et que je ne le voulais pas. Ni pour moi, ni pour aucun d’autres.”

➪ 2. Que chantes-tu sous la douche ?
Bizarrement, je ne chante jamais dans ma baignoire.

➪ 3. Quel livre voudrais-tu voir adapté au cinéma ?
J’ai toujours peur d’être déçu par les adaptations, et je le suis souvent, alors… “De Bons Présages” de Neil Gaiman et Terry Pratchett. Possiblement avec Johnny Depp s’il vous plaît.

➪ 4. Quel super-héros aimerais-tu être ?
Très précisément, pas une super héroïne, mais à 11 ans je voulais avoir les pouvoirs de télékinésie du personnage interprété par Courteney Cox dans Misfits Of Science. Oui oui oui.

➪ 5. Un boisson qui te rend fou/folle
Le jus de fraise. Si si.

➪ 6. Où as-tu passé tes meilleures vacances ?
Au Japon à l’automne 2009.

➪ 7. Quelle est la manière la plus ridicule avec laquelle on t’ait abordé ?
“Je vais m’évanouir, il me faut absolument votre numéro”.

➪ 8. Quel est ton remède anti-déprime ?
Voir des gens bien.

➪ 9. Qu’est ce que tu ne pardonnes pas ?
La lâcheté.

➪ 10. Que fais-tu à manger lors d’un premier rendez-vous galant ?
J’essaie de ne pas faire à manger, vu que je suis une vraie catastrophe en cuisine… Sinon, un truc à base de riz.

➪ 11. Qu’est-ce qui te manque le plus de ton enfance ?
L’éternité des vacances.

11 questions pour Toute Petite, Vanz, Angelubies, Sironimo, Comète, Mashenka, Byglam, Nanikaa, Paris By Light, Mélanie Fazi et en fait qui voudra de façon générale ! (les liens des blogs sont sur le côté).

1. Petite, que disait-on de toi ?
2. Le vêtement dont tu as le plus d’exemplaires (short, jupe, pantalon, pull, manteau, gilet…) dans ta penderie.
3. Ton/tes surnom(s) ?
4. Le plus beau ciel, il est comment ? (entièrement bleu, après la pluie, noir menaçant, etc…).
5. L’année où tu as le plus pleuré / été triste.
6. Que fais-tu quand tu n’arrives pas à dormir ?
7. Ton juron préféré ?
8. Un livre, un seul.
9. Un parfum de glace ?
10. La meilleure chanson pour faire le ménage à fond avec cette chanson à fond, d’ailleurs.
11. Une phrase en te réveillant le matin.

Ce gâteau vert.

03-mai-12

(Tout ça pour ne pas mettre en titre “Cake au Matcha et Framboises“).

Je suis nulle en cuisine. Si si, vraiment.
Tout ça parce qu’à l’adolescence, ou bien avant, je me suis refusée à apprendre à cuisiner parce que le faire aurait sonné le début d’une corvée quotidienne de cuisine pour ma famille (celle avec laquelle j’entretiens donc d’excellents rapports, ceci est de l’ironie). Et aussi parce que ma mère n’a finalement jamais eu la patience de m’apprendre.
Et aussi, tout bêtement, parce que chez moi, on mangeait pour se nourrir, pas pour apprécier la nourriture. Bon.

Avec le temps et des amis TRES DOUES en cuisine et d’autres assez présents et patients pour me faire comprendre que ce n’était pas si compliqué, je m’y suis mise, petit à petit. Depuis quelques années, je découvre même que j’aime bien ça. Comme quoi…

Naturellement, les premières recettes que j’ai commencées à faire régulièrement ont été plutôt du sucré. Il y a deux ans, sur le blog que j’adore de Nanikaa, je tombe sur la recette du cake au matcha. Je tergiverse et je finis par m’y mettre, d’abord sans les framboises une première fois, puis avec. Bilan, deux ans plus tard, c’est un des gâteaux que je cuisine le plus souvent pour des anniversaires ou autre occasion.

Bon, comme je ne prétends absolument pas savoir faire des photos aussi jolies qu’elle, et que je ne suis pas une blogueuse cuisine (tenter de catégoriser ce blog et rire), j’ai fait ce que j’ai pu avec mon appareil photo en essayant de ne pas trop ralentir le processus de préparation en même temps (ben oui, j’étais pressée en plus !).

    Untitled

    Alors, déjà, il vous faut du matcha, qui est, de fait, de la poudre de thé vert. Et c’est VERT. Voilà. Ca se trouve, eh bien, dans les épiceries japonaises ou dans les supermarchés bio. Et c’est pas donné pour être honnête.
    (On me souffle que donner la recette sans raconter ma vie serait pas mal, mais ce serait faire injure à ce blog, non ?)

    Matcha Cake

    Non seulement c’est vert, mais quand on mélange tous les ingrédients, ça donne une drôle de consistance. Je vous assure, à la fin, c’est bon.

    Allez, je craque, la recette d’après celle de Kaori Endo donc :

    250g de farine.
    Une demi cuillère de levure chimique (ne faites pas comme moi qui ai oublié d’en mettre une fois).
    Un peu de sel
    30g de thé vert Matcha (ou moins. Je n’ai pas encore essayé avec moins).

    100g de beurre (doux, dit la recette, mais je mets du beurre demi-sel parce que… parce que).
    20cl de crème fraîche.

    3 œufs entiers.
    2 jaunes d’œufs.
    330g de sucre en poudre.

    Une bonne quantité de framboises, genre 100g (mais en fait comme vous voulez, et je prends les surgelées de chez Picard).

    Commencer par préchauffer le four à 180°C.
    Mélanger farine - matcha - levure chimique - sel -> dans un saladier moyen.
    Faire fondre le beurre et ajouter la crème fraîche, mélanger -> dans un bol.
    Battre les œufs entiers, les jaunes d’œufs, le sucre avec un batteur -> dans un grand saladier jusqu’à ce que ça soit crémeux (je n’irais pas jusqu’à dire, comme dans la recette originale, “blanc et épais” : je n’ai jamais réussi !).
    Rajouter le mélange farine / matcha etc -> dans ce grand saladier.
    Rajouter le mélange crème fraîche et beurre -> dans ce même grand saladier.
    Tout mélanger.

    Hop, mettre la moitié environ du mélange bizarre dans un … eh bien, un moule à cake, ou bien un moule à gâteau à parts inégales de, par exemple au hasard, Konstantin SLAWINSKI (le SL14) dont je suis fan.
    Rajouter les framboises.
    Verser le reste du mélange tout vert là.
    Rajouter encore des framboises, les repousser dans la pâte (à ce stade vous avez normalement les doigts complètement verts, très très seyant, en plus ça colle).

    Mettre au four. La recette dit 40′ mais j’en suis plutôt à une heure la plupart du temps (oui, ça cuit lentement).
    Pour vérifier si c’est cuit, la bonne vieille méthode d’enfoncer le bout d’un couteau dedans (je fais ça avec une baguette, évidemment, je suis asiatique, ha hem).

    Démouler. Saupoudrer de sucre.

    Matcha Cake

    Prendre une photo, et attaquer le gâteau.
    (Et répondre aux gens “non, il n’est pas à la pistache”).

    Untitled

La recette vient du site Marie-Claire Maison, Kaori Endo pour Rose Bakery.

Interlude photographique (10) ↩

03-mai-12

Des photos d’avril.

Chez L&L.

Le Japon au Jardin d'Acclimatation

jpeg.

Jardin d'Acclimatation

Le Japon au Jardin d'Acclimatation

Thé chez des amis, Japon au jardin d’Acclimatation (y aller, c’est chouette ! jusqu’à mardi), ce chat est à l’origine de ma rencontre avec elle & lui, parfois je prends des photos comme ça, de nouveau le Japon à Paris.

Avril par là.

Je redécouvre le plaisir de prendre des photos, et en être (presque) satisfaite…

Je sais, je devrais…

30-avr-12
Cet après-midi a été extrêmement constructive pour mon chez moi, mais alors pour le reste... #home

Je sais, je devrais écrire sur ce voyage, sur ces voyages, finir de trier mes photos, continuer mon récit. ✎

Mais à vrai dire, je crois bien que je ne suis pas encore tout à fait rentrée dans ma tête.
Lente, comme toujours ? Ca fait un mois.

Je ne voulais pas rentrer. D’abord, bien sûr, parce qu’en vacances, on n’a jamais envie de rentrer : la vie est différente, tous les jours, on découvre des nouvelles choses, libre, hors de la routine, hors du temps - en parlant de notion de temps, j’ai beau savoir qu’on est en mai, j’ai cette curieuse sensation qu’un bout de mon temps ici est passé à la trappe, bien évidemment, et le temps qui passe en ce moment le fait d’une façon discontinue, discordante, irréelle. Je me suis retrouvée à contempler la carte du métro parisien en me demandant pour la première fois depuis des années où était telle station et comment déjà y accéder. J’ai bloqué pendant bien 10′ à essayer de retrouver le nom d’un site que je consultais quasi tous les jours avant de partir. Les habitudes sont-elles finalement aussi ancrées qu’on le croit ?

Je ne voulais pas rentrer aussi parce que je ne voulais pas me retrouver confrontée à certaines choses. Ma famille, oui, mais aussi l’état de mes relations amicales, qui dernièrement, cette dernière année, me semble se déliter à une vitesse affolante. La faute à… tout et rien, finalement, mon évolution personnelle qui laisse de moins en moins de place à celle que j’étais avant, si patiente, si compréhensive, si conciliante. Les gens autour de moi qui évoluent différemment. Comment espérer, désormais, que tout pouvait rester comme avant ? Encore une fois, croire que les choses peuvent durer sans heurts et sans changement est illusoire même si on aimerait tellement.

J’ai à la fois la nostalgie des moments passés et l’impression diffuse que vieillir, grandir, c’est en quelque sorte affirmer ses contours initialement flous. Tel un croquis fait à la hâte, un crayonné, au pastel, j’avais l’impression d’être délicate et un peu transparente, un brouillon de personne, modifiable à volonté. Voilà que les contours donc s’affirment, plus nets, bien plus visibles. Plus difficiles à changer, aussi. Quelqu’un m’a dit récemment que j’avais une vraie personnalité : j’en suis restée étonnée, gardant encore cette idée de ce moi si adaptable et indéfinie. On m’a aussi reparlé de ma capacité à apaiser autour de moi, j’ai ri. Un proche parlant de mon manque de patience aura sans doute bien plus raison sur mon véritable caractère…

Des questions, je m’en suis toujours posée, mais elles sont différentes à présent. Des questions sur ce qu’est la moralité, les choses à faire ou à ne pas faire, les arrangements personnels qu’on est amené à faire avec soi même pour pouvoir continuer sans trop culpabiliser, et tellement de choses de ce genre… Mes décisions sont-elles les bonnes ? Il faut déjà les assumer. Et durcir les contours. En cette période un peu étrange, avant ce second tour, où les gens autour de moi semblent près à presque s’écharper pour leurs idées politiques ou simplement morales, mes réflexions trouvent une drôle de résonance dans un climat tendu pour tous.

(Mais pourtant j’ai toujours aimé les crayonnés…)

Perth & Fremantle (”le voyage”, part 1)

16-avr-12
Préparatifs (merci Violaine !)

Je préfère ne même pas tenter d’imaginer combien de parties cela va me prendre pour relater ce voyage de presque trois mois… (n’oublions pas que je n’ai toujours pas fini de raconter le Japon, que je pensais intercaler dans tout ça, histoire de vous perdre pour de bon) et tout le reste… mais passons.

Partir aussi longtemps pose un problème de… place dans le sac. Un gros sac de randonnée, évidemment, parce qu’il va falloir essayer de prendre le moins de place possible dans, par exemple, le coffre d’une voiture à venir avec d’autres sacs de randonnée ; parce qu’aussi, ne nous leurrons pas, plus vous avez de place, plus vous allez avoir tendance à remplir cet espace vide. Autant compacter, donc.

<-- Ca n'a pas l'air, comme ça, mais ça m'a sauvé la vie pendant tout le voyage, ce rangement.

A ce sujet, je tiens donc à remercier l'amie qui est passée la veille de mon départ pour optimiser le rangement dans mon sac à un point que je n'aurais même pas cru possible...

(Et puis pendant presque trois mois, tu mettras presque toujours les mêmes vêtements, ceux qui sont dans ce sac. Ca simplifie bien le "qu'est-ce que je vais bien pouvoir mettre" classique devant une penderie pleine, hein)...

Perth

Dix-sept trente de vol. Je n’ai réalisé que plus tard qu’atterrir à Perth, à l’ouest de l’Australie, nous permettait d’éviter beaucoup plus d’heures de vol que si nous avions choisi, au hasard, d’arriver à Sydney. Je faisais partie de ces gens qui ne parvenaient pas à dormir en avion… eh bien, j’ai bien changé… à force. L’idée même de devoir passer plus de dix heures dans un avion doit sans doute conditionner l’esprit à finir par se fatiguer d’avance, mais à force de fatigue (oui, ce fut un voyage fatigant), j’ai développé une aptitude à m’endormir instantanément dans les transports, en particulier en avion (et là, tu es contente d’être petite finalement).

Perth. Ce récit ne va pas très bien commencer, puisque j’ai très mal supporté la chaleur lourde, écrasante, qui nous a accueillis dès l’arrivée (pour mémoire, en partant de Paris, il devait faire dans les 12 degrés), avec ses presque 40 degrés. Je ne saurai donc jamais si mon avis sur Perth restera conditionné par mon état de fatigue et de peu de résistance à la chaleur, mais je ne garde pas de la ville un souvenir impérissable. Ajouté à cela que le backpackers où nous étions était étrangement remplis de travailleurs / jeunes avec visa travail-vacances cumulant parfois jusqu’à trois petits boulots par jour, la plupart se traînant des têtes de dépressifs démoralisés (si si), que j’avoue ne guère me souvenir de lieux marquants dans la ville, et vous aurez mon avis (assez négatif, donc, au cas où hein) sur cette ville au milieu de nulle part, tout à l’ouest du continent australien.

Mais heureusement, il y avait de chouettes arbres.

Perth (jardin botanique) - photo par c&t
A Perth, sans mon chapeau, je pense aussi que je n’aurais pas survécu, en fait (photo par C&T).

Et heureusement aussi, le second jour, on a pris le train pour aller à Fremantle, une petite ville à l’ouest de Perth, sinon je n’aurais vraiment pas grand chose à vous dire du coin… parce que, oui, Freemantle, c’était chouette, c’était l’océan visible enfin, une chaleur plus supportable, et nous tentant de comprendre les règles du footy, sport national australien (bon, on a vite abandonné, c’était trop compliqué, mais ça se joue avec les pieds, les mains, et ils sont quand même 18 par équipe, je vous laisse imaginer). On a aussi visité un bout de prison parce que bon, l’Australie, c’est quand même le pays dont les habitants sont tous des descendants de prisonniers, mais il ne faut pas non plus trop le dire, il paraît que ça les vexe encore, parfois. Du coup, en photo, j’ai surtout des arbres, de la mer, et du ciel bleu. En même temps, ce fut une journée de siestes sous les arbres, alors…

N’empêche, la première fois que j’ai vu ce bleu de l’océan indien, je suis restée scotchée, je l’avoue.

Freemantle - l'océan, la première fois...

Freemantle

Freemantle

Freemantle - architecture

Freemantle - "les sapins à l'envers"
(Si quelqu’un sait comment s’appelle cet arbre que j’avais fini par surnommer “le sapin à l’envers”, qu’il se manifeste). Merci à Aude de m’avoir dit que ça s’appelait un Araucaria !

Et, oui, c’est déjà fini, parce que j’ai comme résolution de faire plus court mais de poster plus souvent (on verra bien si je m’y tiens !).

Les photos sont par ici.

Nowhere

14-avr-12

Je ne fais rien comme il faut. Je devrais commencer par le début, vous raconter… mais je suis encore, finalement, en train de digérer tout ça. Et en plein tri, aussi.
Et puis j’avais envie de partager quand même quelques photos, celles qui ont l’air sorties de nulle part, qui pourraient sembler ratées car imparfaites, floues, bizarres, pas photos de vacances, ou “et on ne sait même pas où ça a été pris”. Ces photos qui n’ont aucun sens hors contexte, aussi.

C’est sans doute pour cela que je les aime.

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Home.

06-avr-12
Quai de métro.

Je suis rentrée.

Juste ces quelques mots, tellement étranges après tout ce temps.

Une semaine que j’ai (re)posé le pied sur le sol français, présenté mon passeport en disant “bonjour”, ce qui ne m’était pas arrivée depuis bien une quinzaine de passages par les contrôles d’immigration.
“Bonjour”.
Oh, reparler français, pour de bon.
Parler politique avec un chauffeur de taxi, it’s Oh So Cliché et pourtant…

Poser ses valises, regarder chez soi avec cet oeil de nouveau neuf, ne pas reconnaître (”c’était déjà là ça ?”) tellement…
S’endormir.
Se réveiller dans son lit. Chez soi.
Se réveiller au même endroit plusieurs fois de suite.

Avoir trop de choix pour s’habiller !
Trop sourire dans le métro, dans la rue, se faire prendre pour une touriste - surtout quand on a oublié de réactiver sa carte navigo - se balader avec des tickets de métro, tellement… touriste.
Voir les amis, ne pas savoir quoi leur raconter des mois passés, trop de choses vues, trop de ressentis, trop de trop.
Tenter quand même, avoir l’impression de ne pas parler de ce qu’il faut, ne pas savoir ce qu’il faut raconter.
S’endormir sur un canapé de fatigue.

Se sentir encore ailleurs, réécouter de la musique écoutée là bas…
Penser aux trajets en bus, aux paysages, à tout ce qui était différent, au temps passé, mais aussi aux gens qui manquaient qu’on a retrouvés - qui sont désormais sur le même fuseau horaire que vous, comme c’est étrange…

Je ne sais à vrai dire pas s’il m’est possible de vous raconter ces presque trois mois…

… mais me voilà, revenue par ici.

… Home, eventually.