Des photos de fenêtres.
Ce que je voyais de ma chambre le matin, là haut.
Ce que je vois ici.
Et une autre, avec un bonhomme qui passe.
Hasard, hasards, j’ai croisé cette demoiselle ci il y a peu. Enfin, plus exactement, une personne a surgi devant moi : “Sabine ?” et, j’avoue, j’ai frémi - je ne la connaissais pas, l’avais-je oubliée, aaah aaah, vite, mais qui… ? Et le prénom. Et moi, confuse. Un petit tourbillon roux. C’est fascinant quand une image s’anime ! Ca vit, ça papote, et moi, je souris, peur de paraître bête, comme toujours… Elle fait partie des rares personnes dont je parcours encore le blog, les (très) belles photos…
Comme celle-ci d’ailleurs, revue aussi le même soir, et que j’associe, allez donc comprendre pourquoi, à Stockholm. Il doit y faire froid actuellement à Stockholm, sans doute plein de neige, autant de neige que là où j’étais la semaine dernière -mais la semaine dernière me paraît tellement loin déjà, les enfants, la neige sans fin, l’environnement différent, les ravins.
Le froid, oui, mais avec du beau temps, alors, pour donner du courage.
Que deviennent les blogs ? Des vitrines, des carnets de voyages, twitter les remplace dans la pensée instantanée, l’échange, le réseau social. Parfois, me prend encore l’envie d’écrire par ici pour poser des pensées de plus en plus éparses, que je n’essaie plus de rendre si cohérentes, à vrai dire.
Et je re-néglige ce blog, mais moins ma vie, moins mon chez moi, moins mon propre chemin.
J’ai tellement pleuré cette semaine, avec l’impression que j’allais perdre tellement de choses, que rien n’est réellement acquis, je devrais pourtant le savoir, depuis le temps, mais je ne m’y fais toujours pas. Je suis vouée à l’accidenté, l’imprévisible, les remises en question qui font mal.
Encore plus le chantier qu’habituellement : grand ménage, on nettoie du sol au plafond, on bouge les meubles, en prévision de tout le temps où je ne serai pas chez moi ? En ce moment je relis A l’Ouest, histoire de me mettre un peu dans le bain. On ne fera largement pas autant, loin de là, mais l’envie de voir ailleurs est là, et je me retrouve à consulter des cartes routières dans le sous-sol d’une agence de voyages, entre deux interrogations personnelles devant le comptoir des équipements de survie :)
En attendant, je me perds dans Barjavel, que je n’avais donc jamais lu. Pas l’habitude, perdu peut-être même l’habitude de faire des efforts pour lire.
Ravage m’a plongée dans un monde, un style quelque peu arides, qui ont commencé par me rebuter, et seul l’entêtement et ce sentiment de devoir finir quelque chose de commencé m’ont poussée à achever cette histoire étrange d’anticipation. Perplexité : avais-je aimé ou pas ? Remuée par certains passages, imperméable à ou largement ennuyée par d’autres, il me fallait enchaîner, pour me faire une idée plus précise.
Quelques heures de pause, Le Voyageur Imprudent, dont j’ignorais tout d’abord le lien avec ce que je venais de lire, m’inspire les mêmes sentiments contradictoires. Intérêt poli mais fascination parfois. La fluidité ré-acquise à la lecture venait-elle de la prise d’habitude ou de l’auteur ? J’avançais plus vite, en tout cas.
A Le Diable l’Emporte, étrangement, le plaisir de lire, absent oublié des deux précédentes lectures, m’est revenu sans que je m’y attende. Effort oublié, je trouvais à ce roman une dimension poétique qui me paraissait absente des deux précédents.
Une dimension poétique peut-être un peu trop présente dans Colomb de la Lune, parcouru vite, si vite. Aux gens qui me regardent, perplexes, en se rendant compte de ma vitesse de lecture, j’ai envie de répondre qu’elle est peut-être proportionnelle à ma lenteur pour me mettre seulement à ouvrir un livre…
Et me voilà à présent, presque impatiente, devant La Nuit des Temps, que tant de gens ont aimé. Avant Le Grand Secret, Le Prince Blessé & La Tempête, qui clôtureront sans doute ma soif de lire un auteur auquel je n’avais jamais été confrontée pendant ma scolarité.
(Certes, on me dira qu’enchaîner huit romans de Barjavel à la suite n’est sans doute pas une excellente façon d’apprécier son oeuvre, mais je n’ai jamais été connue pour ma cohérence d’esprit ni pour ma réserve quand j’entreprends réellement quelque chose)…



































