De quoi allait parler le premier post de l’année sur ce blog ? D’interrogations, questionnements, comme d’habitude ? Sans doute. D’apparence, en fait. D’apparence physique.
Mais un aparté : cela ne m’a jamais été autant égal de passer à une nouvelle année. Il m’a fallu, je l’avoue, toute ma motivation quasi inexistante pour me décider à sortir (tard) de chez moi, après m’être habillée de façon aussi festive que mon humeur non festive pouvait me le permettre. Je n’étais, aussi étonnant que ce blog peut le laisser paraître, pas déprimée ou quoique ce soit de ce genre là : je n’avais simplement pas envie de me forcer à sortir, après plusieurs semaines passées à être dehors quasiment tous les soirs. Le paradoxe : le seul soir où la plupart des gens sont dehors, je voulais le passer chez moi à lire tranquillement.
Mon premier vrai sourire de l’année nouvelle, le moment où je me suis sentie moi-même et tranquille, je le dois aux trois personnes que j’ai vues (presque) par hasard en ce premier janvier. Un film contemplatif (le dernier Jim Jarmush, The Limits of Control) dans une petite salle d’un quartier où j’ai fait mes études et ne mets guère plus les pieds depuis, une douce somnolence en opposition au froid mordant extérieur, du bavardage tranquille.
L’apparence, donc. Les apparences.
Ma dernière conversation téléphonique avec ma “soeur” aurait de quoi laisser rêveur tout psy qui se respecte. Je ne me m’aime pas, physiquement, comme sans doute beaucoup de gens : mais chez moi, cela confine sans doute à la névrose, la certitude que je ne suis pas bien, pas belle, quasi une erreur naturelle. En y réfléchissant ces derniers jours, les raisons me paraissent évidentes, claires, mais ne changent rien, sinon pas grand chose, à ce que je perçois de moi même. J’ai été une adolescente ingrate, avec des lunettes énormes, mal habillée, une maigreur affolante, timide à l’extrême, et je vous épargne la liste complète. Des années plus tard, malgré le temps, les changements, je me vois toujours de cette façon là, impossible d’y échapper (ah, si, je vais en faire hurler certains, mais je me vois à la fois trop mince et trop grosse, dans le sens mal proportionnée, si si). Contrairement à ce que l’on pourrait croire, je ne dis donc pas “ah, je me trouve moche” pour qu’on me dise le contraire : je le pense. Et j’en arrive à des théories pour expliquer le fait qu’on me dise l’inverse qui font frémir visiblement mes interlocuteurs : mes amis sont gentils, veulent m’épargner la vérité, mais finiront bien par l’admettre un jour, à la fin, que j’ai raison sur mon apparence. Je vous épargne aussi la suite.
L’autre raison tient à… ce qu’on m’a fait. Je ne m’étendrai pas là dessus, pas cette fois.
Tout cela pour en arriver à mes dernières réflexions sur moi-même, puisque qu’il s’agit, comme toujours sur ce blog, de cela. Ce que je pense de moi conditionne ma façon d’être, mon attitude envers les autres. Les choses changent, petit à petit, mais me convaincre que je vaux quelque chose comme personne est encore, souvent, un combat quotidien. Etre sur scène, par exemple, n’est PAS une chose aisée pour moi, pas naturel, et je me demande souvent pourquoi je le fais. Pour dépasser mes peurs ? Parce que, finalement, j’ai envie d’être fière de quelque chose, de faire des choses dont je ne me serais pas cru capable ? Sans doute. Une thérapie, quelque part. Et un certain plaisir, aussi.

(photo par Anne).
Avec le temps, peut-être que j’arriverai à me dire, oui, on peut m’aimer, m’apprécier, et cesser de m’excuser d’exister. Avec le temps.
Une réflexion étrange : bien que depuis des années mes meilleurs amis me soient venus d’ici ou plus généralement du net, les choses sont aussi en train de changer de ce côté là, et j’en suis la première étonnée.
En attendant, les jours passent, entre piles de livres, gens à voir, tri continuel, cinéma, mails qui s’entassent, envie de repartir, répétitions, concert auquel on ne s’attendait pas, interrogations, froid, surprises de Noël (merci).
Et dans ma tête, j’ai toujours 4 ans.

Bonne Année à vous…