Il me faudrait, à la fois, ralentir et continuer sur cette lancée.
Ralentir parce que j'ai parfois l'impression de manquer de temps. Parce que les semaines passent extrêmement vite, et que je me rajoute encore des choses à faire à celles que je n'ai pas finies.
Continuer parce qu'il s'agit tout bêtement de vivre. Et parce qu'une sorte (je dis bien une sorte) d'apaisement est présente en ce moment. Assez pour me permettre de m'endormir rapidement, dans un sommeil sans rêves perturbants. J'apprécie ce repos qui m'est accordé.
Je parle souvent du fait de pouvoir ainsi m'endormir en ce moment : sans doute parce que d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu du mal à m'endormir. Les pensées qui ne s'arrêtent pas, l'angoisse qui monte, le sommeil par à-coups, les rêves dont on voudrait sortir ou au contraire où on voudrait horriblement rester, les longues heures à me relever, à me recoucher... Mon sommeil a toujours été un problème. L'hypersomnie comme symptôme de dépression, aussi.
Alors voilà, en ce moment, je me repose bien la nuit, tout en courant à droite et gauche quand je suis éveillée.

Je deviens un peu plus égoïste aussi. J'apprends ce que d'autres savent faire naturellement : penser à soi en premier et ne pas faire passer les sentiments des autres avant les siens. Sauf pour ceux ou celles qui, naturellement, m'ont montré ou me montrent qu'ils se souciaient de moi... à quoi bon fréquenter les autres, me direz-vous ? Eh bien je ne sais pas, l'attachement ou pas à certaines personnes ne s'explique sans doute pas. J'ai renoncé à essayer de comprendre cela.

Et j'essaie de moins penser. J'essaie d'apprécier ce que j'ai déjà ; j'essaie de ne pas trop regretter certaines choses que je n'ai plus.
J'essaie de ne pas laisser l'angoisse remonter, celle qui est toujours là. Je ne peux pas dire que je suis totalement apaisée, mais je n'ai plus cet air perpétuellement tourmenté et inquiet qui me collait à l'âme il y a quelque temps. Une accalmie. Un équilibre précaire mais plus long que d'habitude, c'est déjà pas mal, non ?

C'est déjà pas mal.