Mon horoscope me dit de me reposer.
Gemini (May 21 - Jun 20)
Today
You may wish that you didn't have so many things to do, but your life could settle down a bit after tomorrow's New Moon. Don't wait until you've hit the wall, for if you don't pull back soon, you could crash from sheer exhaustion. Start applying the brakes gently by getting some much-needed rest and relaxation.
Tomorrow
You need some peace and quiet today, and although there are activities you won't be able to cancel, you must create some time to be alone now. Remember, however, this isn't about being lonely. It's about tuning in to your own inner guide, which often gets crowded out by all the noise and activity that you call your life.
Hier est arrivée une chose étrange. Dans la matinée, un oncle, celui qui m'avait dit ces mots si durs il y a plus d'un an, et
après ce mail d'un de mes autres oncles que j'ai reçu il y a un mois et demi maintenant (et auquel je reconnais n'avoir toujours pas répondu), cet oncle là, donc, qui avait si dur envers moi, s'est mis à me parler sur msn, d'un coup, comme ça, pour me dire
bonjour, comment ça va ?
Je suis restée un moment à regarder ces lignes... c'est bête, ce n'étaient que des lignes, des mots formant une phrase.
Je ne savais pas quoi faire, et les larmes ont coulé toutes seules.
Ce n'était pas du soulagement, non. C'est que j'ai tellement appris à me blinder contre eux depuis 13 mois maintenant que j'étais désemparée. Je ne connaissais plus leur façon de penser, je ne savais plus comment faire. Quoi répondre ?
Je vais bien, merci.
S'est alors engagée une de ces conversations surréalistes dont j'avais perdu l'habitude. Reprendre comme si de rien n'était. M'entendre demander si matériellement tout va bien. Ses élèves vont bien. Ils ont fait ci et ça. Y'a un concours d'ouvert à la ratp tu devrais le tenter (tiens, ça ne m'avait pas manqué, ça). Pas un mot de l'année écoulée, pas un mot de l'état dans lequel il m'avait laissée la dernière fois où je l'ai vu, pas une remarque sur mon silence et ma disparition totale...
Que faire ? J'ai répondu à ses questions, j'ai commenté vaguement ses phrases. J'ai joué le jeu. A quoi sert-il d'hurler que j'ai eu mal, qu'aucun d'entre eux n'était là pour m'aider, que seuls mes amis m'ont empêchée de basculer ? A rien, alors je ne l'ai pas fait.
Je sais que venir me parler après tout ce temps était déjà un immense effort pour lui... converser avec moi aussi. Est-ce qu'il a hésité pendant des heures avant de venir me dire bonjour ? Quel cheminement depuis des mois ? Quelqu'un m'a appris qu'il demandait de mes nouvelles depuis plusieurs mois déjà, mais sans en avoir l'air. Mon dieu, pourquoi suis-je née dans une famille d'autistes affectifs pareils... (enfin, je le sais, mais quand même). Voilà, je me dis que c'est déjà bien.
Je me dis aussi, au vu de la façon dont ça se passe (on est donc partis pour faire comme si de rien n'était), que je ne dois rien attendre de plus, parce que je ne veux pas recommencer comme avant. Garder mes distances pour ne pas leur permettre de me démolir comme auparavant. Etre autant que possible franche et ne pas me détruire à vouloir garder tout pour moi...
Je lui ai dit merci de m'avoir parlé.
Personne ne peut se rendre compte à part moi de ce que ça signifie : on ne remercie pas les gens dans ma famille, pas pour ces choses futiles et inutiles que sont les sentiments. J'ai bien senti qu'il ne s'y attendait pas. Je veux bien jouer le jeu à nouveau mais je modifierai un peu les règles...
Et aujourd'hui... aujourd'hui on m'a appris que ma mère allait chez un kiné une fois par semaine parce qu'elle souffrait des bras depuis un bon moment (il a fallu la forcer à y aller apparemment). Elle ne veut pas que je le sache. Elle ne veut pas que je vienne.
Elle ne veut toujours pas me parler. Elle ne veut toujours pas parler de moi, je n'existe toujours pas...
Que le chemin est long parfois... Mais le soleil pointe le bout de son nez aujourd'hui, et je n'ai pas peur d'y arriver un jour, qui sait... Mon horoscope me dit de me reposer