15 novembre, 21h30, 220
Je crois que le cours de dessin / peinture du mercredi soir est un de mes moments préférés de la semaine. Caroline est
d'une patience infinie, les gens sont tous gentils, et euh... je ne sais pas, je ne vois pas le temps passer. Cours 6.
15 novembre, 14h30, 219
Je fais une rechute. Je songe à retourner voir le centre médical. Les cauchemars affluent en masse, les nuits ont cessé
d'être reposantes, et, comme si une barrière avait cédé, ou peut-être comme si un puzzle commençait à se mettre en place
et que le motif était horrible, tout revient d'un coup, bons souvenirs, souvenirs de la fin éclairés de la vérité et
monstrueux, paroles échangées, impressions, tout, d'un bloc.
La nuit dernière, en allant me coucher, l'impression d'un trou
béant dans l'estomac : me sont revenus le souvenir et les sensations exactes que j'avais ressenties quand il m'avait dit
qu'il ne rentrait pas, le sentiment d'incompréhension totale, les jambes qui tremblaient et la nausée, la lutte contre mon corps
qui tremblait et ma logique qui hurlait, l'effort terrible pour ne pas céder à son incohérence, ma tête qui essayait de
gérer à la fois ce qu'il me disait et la semaine, la journée, l'heure écoulée, et lui en face, à écouter tranquillement,
sans aucune émotion, sinon pour me dire qu'il trouvait que j'avais du courage de réagir comme ça et qu'il était admiratif
(... ça m'est revenu cette nuit, oui...), mais que sa décision était prise (cette impression d'un mur... et moi je me
souviens ne même pas avoir parlé de la journée écoulée tellement j'étais persuadée que c'était un coup de tête, je ne
pensais absolument pas au mensonge comme quelque chose de possible alors), et au bout d'un moment, alors que j'essayais de
le convaincre d'au moins rentrer venir me parler ce soir là, et qu'il me répondait qu'il n'en voyait pas l'intérêt, il
m'a dit qu'il devait aller dîner avec ses parents parce qu'ils s'engueulaient sur le fait de l'attendre pour manger ou pas.
Et finalement, il a finit par raccrocher brutalement et comme... énervé de mon insistance à vouloir le faire changer d'avis,
agacé, oui... agacé. Comme s'il avait essayé d'être patient à m'écouter mais que ça commençait à bien faire. Et après avoir
consciencieusement écouté toutes mes supplications à "reprendre
raison". Je me vois encore, je m'entends encore, je sais bien que je n'aurais pas pu réagir autrement face à son "plan".
Et quand je pense qu'il allait par la suite me reprocher également cette réaction, je me dis qu'il est fou.
Et la nuit
dernière, tout ça m'est revenu, absolument clairement, désormais sous la lumière de ce que je sais et ai accepté, et
c'était insupportable, et... j'ai l'impression que j'ai quelque chose à affronter, à passer, et je ne suis pas sûre d'y
arriver.
15 novembre, 1h20, 218
Une vue dégagée sur les immeubles parisiens, à la nuit tombée. Une tisane et une tablette de crunch divisée en 3.
France culture en fond très très bas. Et deux personnes à côté de moi qui méritent d'être connues. Un apaisement.
Non, il ne saura jamais ce qu'il a vraiment perdu.
14 novembre, 17h, 217
Cette angoisse ne part pas. Je me rends compte qu'elle existait avant mais qu'elle n'avait jamais été aussi présente : ça
a été réveillé de façon brutale. Bien sûr que c'était là avant, mais qu'est-ce que je lui en veux d'avoir tout réactivé,
à vif, de m'avoir menti, d'avoir été un gosse irresponsable, de m'avoir considéré comme un jouet et de m'avoir jetée comme
tel une fois cassé alors qu'il savait que je n'étais déjà pas bien solide, qu'est-ce que je lui en veux, mais en même
temps, qu'est-ce que je m'en veux d'être comme je suis, comme si en fait, tout ce qui m'arrivait je l'avais cherché.
14 novembre, 2h, 216
J'ai broyé du noir. Noël approche. Les gens commencent à parler de cadeaux de Noël et de réunions familiales.
Je sens que ça ne va pas s'arranger pour ma dépression. Il sera encore temps d'être forte, tiens...
- DocFusion m'envoie une vidéo en image et son pourris des Kooks, mais ça me fait sourire.
- J'écoute encore le Canon en ré majeur de Pachelbel qu'une âme charitable m'a dégotée.
- J'ai eu "Martine au Cirque" en livre pour enfants de la part de Lasher. No comment...
- Je discute avec Grum au mcdo parce que flemme de faire à manger. On parle des paliers de la colère.
- Je discute avec Scoob du fait d'être vivant, un légume, d'avoir un référenciel biaisé en la personne de julien et qu'il
faut que je sois enfin un peu plus optimiste.
- Je découvre le commentaire de Chimi et je ravale l'envie de pleurer (mais j'ai tout le temps envie de pleurer, c'est
pas nouveau).
- Neko m'appelle et le son du métro parisien me vrille les oreilles en fond, mais je vais sans doute réussir à la voir.
- Je reçois une photo de moi avec des lunettes qui ne sont pas les miennes et je m'interroge : dois-je changer de monture ?
- Je chanterai à l'église en mars et sous une coupole de centre commercial près de chez moi en décembre.
Oui, je liste les choses positives.
13 novembre, 18h, 215
Une conversation téléphonique avec Chimi me fait me rendre compte d'à quel point j'ai changé depuis 7 ans. J'entends parler
de gens que je ne vois plus depuis très longtemps. Je ne sais pas vraiment quelles affinités j'aurais encore avec eux,
et à vrai dire, je me dis que... les liens se sont relâchés depuis très longtemps. Je me demandais parfois comment ils
allaient, cependant. Tout le monde vit sa vie. Parfois, angoissée, je me dis qu'il finira par en être de même avec les gens
que je considère comme mes amis aujourd'hui... peut-être que les liens se détacheront, eux aussi, petit à petit, peut-être
que je suis juste incapable de garder mes amis. J'angoisse. Ce qu'il a fait a déclenché une coupure totale avec ma famille,
que je n'aurais jamais pensé aussi brutale, et a réveillé une angoisse parfois insurmontable d'être juste abandonnée.
13 novembre, 16h30, 214
Le canon en Ré Majeur de Pachelbel qui tourne en boucle depuis hier soir, et qui s'associe dans ma tête à une Isabelle
Carré qui danse.
Je me sens bloquée. Juste bloquée. Je ne sais pas pourquoi. Comme si j'étais emprisonnée. Enfin non, pas tout à fait. Comme
si je voulais avancer et que je ne trouvais pas comment. Penser à lui m'attriste, me fait du mal, me donne envie d'hurler,
comme avant mais pas vraiment. Un peu comme si tous ces sentiments s'étaient désormais emmêlés, liés, pour former quelque
chose dans ma tête qui est indentifié, défini, mais qui me bloque. La seule chose qu'on puisse me répondre c'est "avec le
temps", et c'est vrai, mais je suis frustrée d'en être encore là. De toutes mes forces j'aimerais me révolter contre ce
qu'il m'a fait, mais je sais que ça ne sert à rien, et que je me suis déjà révoltée en résistant, et peut-être que ce contre
quoi je voudrais me révolter maintenant, c'est d'avoir à attendre que ça passe.
J'ai relu les premiers posts numérotés. Je me souviens de ces pensées, mais pas vraiment de mon état. Je me souviens du
regard d'un médecin que j'avais trouvé gentil, et concerné, voire inquiet. Je me souviens que c'était le lendemain du jour
où julien était venu me hurler dessus. Je me souviens m'être demandée pourquoi le médecin me parlait d'état de choc : dans ma tête, je
me disais "mais non, je ne suis pas en état de choc, c'est juste que j'ai fait quelque chose de mal et que julien ne veut
pas me pardonner, qu'est-ce qu'il faut que je fasse ? je vais attendre qu'il m'ait pardonné et qu'il revienne", et des tas
d'autres choses complètement irraisonnées, incohérentes, basées sur tout ce que j'avais entendu la veille, et que j'essayais
tant bien que mal d'assimiler, sans une seule seconde me dire que tout ça n'était pas normal. Je ne comprenais pas ce
qu'il m'avait fait et qui allait me hanter encore pendant des mois avant que j'arrive à peine à le surmonter.
Je me disais juste que c'était moi qui clochait, puisqu'il devait bien y avoir une raison à cette folie soudaine. Encore
maintenant, je me torture parfois à essayer trouver ce que j'ai fait. Je ne trouve rien. Ca fait presque 5 mois que j'ai tout
passé en revue. Je ne suis pas folle. Je n'ai rien fait, ça n'avait rien à voir avec moi, j'ai pris pour tout ce qu'il
souffrait dans son coin sans en être la cause, et il ne le sait même pas. Je me demande combien de mois, d'années, me hantera
cette vision de lui se tenant face à moi, hurlant de rage, frappant autour de lui, en sachant désormais que je n'y étais
pour rien, qu'il voulait juste me faire du mal parce qu'il avait mal, mais qu'il avait mal depuis des années avant moi,
et qu'il aurait pu facilement m'entraîner avec lui
si tant de gens ne s'étaient pas relayés à mon chevet les semaines qui ont suivi, pour me répéter en boucle que ce n'était
pas moi, et je les écoutais sans comprendre, engluée dans une toile qu'il avait tissée depuis des semaines.
13 novembre, 1h, 213
L'incroyable grâce d'une Isabelle Carré déclamant et dansant sur des airs classiques, des rythmes africains, ou les deux
à la fois, des violons, un piano, une danseuse, des joueurs de djembés, à tour de rôle ou tous ensemble, une heure trente
de poésie, une heure trente de sourire, où je me suis brusquement rendue compte à la fin que je me tenais assise sur mon
siège à la façon d'une enfant, les jambes allongées, perdue dans le spectacle. Et des applaudissements à se faire mal
aux mains. Et cette sensation étrange, en la regardant, que sa beauté venait de l'intérieur, et que c'était quelqu'un de
juste bien. Et des rythmes africains. Et des airs classiques en tête sur le chemin du retour. Il y a des moments où
l'apaisement vient de là où l'on s'y attend le moins.
12 novembre, 2h, 212
* Sur les Champs-Elysées, ça faisait longtemps que je voulais prendre ça en photo... Fait mardi lors de la petit
promenade de nuit après resto avec Docfusion entre autres, de passage à Paris.
* Je crois que c'est jeudi que j'ai fait un tour au Bon Marché avec une amie afin qu'elle s'achète du matériel de tricot
(j'attends donc qu'elle me tricote un truc maintenant) avec une petite pause au Starbucks... leur chocolat chaud est bon.
* La semaine dernière, j'avais acheté
une soupe de nouilles qui s'est avérée être très bonne finalement, en écoutant du Delerm. En parlant de Delerm,
vu lundi lors de l'enregistrement de la Bande Passante RFI au Tryptique, très bien.
* Hum... alors là, ça mériterait un post
entier mais en résumé, je n'ai pas fait de peinture depuis mes 5 ans... et ça se voit. La première photo date du cours
de mercredi soir, la seconde a été prise aujourd'hui : je me suis décidée à rajouter des trucs dessus... mais ce n'est
pas fini ! >_< Je ne désespère pas encore d'en faire un truc potable, après tout je prends des cours pour apprendre...
soupir. Caroline (ma prof de dessin / peinture) me dit que je ne m'amuse pas assez... apprendre à m'amuser, donc...
10 novembre, 22h, 211
Mais si je n'avais juste par la capacité d'accepter qu'il ne m'aime plus ? Ca me fait peur.
Et si je trouvais aussi que la vie est difficile sans famille derrière pour aider par exemple financièrement, ou
pour aider à prévoir, ou pour avoir quelque chose de stable sous les pieds en cas de coup dur, ou tout simplement pour
être aimée ?
Et si je commence à comprendre pourquoi ça ne veut plus rien dire d'entendre "tu es forte" parce que tout simplement
quand on n'a pas le choix, on ne peut pas faire autrement que continuer, forte ou pas ? Parfois, quand j'entends certaines
personnes parler, j'envie vraiment les choix si simples qu'elles ont à faire, le peu de questions qu'elle se posent,
parce qu'elles n'ont tout simplement pas vraiment de questions à se poser, et c'est si facile que je les envie.
J'aurais aimé plus de facilités sur certaines choses. J'aurais aimé ne pas avoir à accepter d'autres choses. J'aurais aimé
ne pas encaisser ça en plus. Mais ce n'est pas comme si j'avais eu le choix, j'ai juste le choix de continuer ou pas.
Je sais bien pourquoi je me sens comme une petite fille. Parfois, souvent, j'ai juste envie de me reposer, que la vie
soit facile comme elle semble l'être pour certains, et ne plus avoir cette impression de bataille continuelle dans ma tête.
Et en ce 20 juin, j'ai eu l'impression qu'on me repoussait au coeur de tout ça, alors que je pensais en avoir fini, en
me rajoutant un poids supplémentaire, si lourd que je voulais en finir, parce que je n'avais plus envie de me battre, et que
je savais que je n'aurais pas le choix si je restais là. De peu de famille, je suis passée à pas, à rien. De projets
pour la première fois de ma vie, je suis passée au silence. Et me voilà maintenant, là, à me battre de nouveau.
Je suis tellement fatiguée.
9 novembre, 1h30, 210
Je réfléchissais à ça en lisant quelques blogs avant d'aller dormir. Je vais certainement mieux. Ca fait 4 mois et demi.
Les choses se clarifient. Je pleure de temps en temps, par crises. Je me remets encore en question. Je me demande encore
parfois ce que j'ai fait. Il me manque encore.
Mais aimer ? Bien sûr qu'il est trop tôt. Mais d'une part, je l'aime encore. C'est encore là. Quoiqu'il m'ait fait. D'autre
part, je me sens... comme je l'ai toujours un peu ressenti, vaguement, "différente". Pas vraiment en accord avec pas mal
de gens. Pas trop les mêmes envies. Plus vraiment confiance, aussi. Voire pas. J'ai été trop blessée cette fois-ci. Je ne
vais plus réussir à m'attacher. J'avais déjà peur, avant lui, j'ai fait lentement confiance et je me rends compte que
c'était déjà trop rapide... alors maintenant ? Ce n'est plus possible. Et, même si personne ne peut effectivement prédire
ce qui m'arrivera plus tard, même si on ne sait jamais, eh bien, il est probable que la plus grosse marque qu'il a laissée
en moi sera de m'avoir rendue plus que méfiante, et plus solitaire que je ne l'étais déjà avant, et peut-être, sans doute,
vouée à ne plus vouloir partager la vie de quiconque.
8 novembre, 23h50, 209
Il ne poste pas souvent, voire... et j'aime son dernier post (et unique d'ailleurs). Là,
monsieur ffx.
Notes pour moi-même : répondre aux mails, prendre des trucs en photo et poster les photos déjà prises, finir des trucs en
peinture et aquarelle, réviser des règles de grammaire / orthographe pour les cours à donner, trouver mes gants quelque part
dans ce bordel, me remettre au tricot, traduire un truc de tricot pour une amie, ranger mes vêtements toujours dans les
cartons, lire tout ce qu'on m'a prêté, faire des commentaires sur les blogs que je lis, rencontrer des gens, rappeler à mes
amis que je les aime beaucoup, rappeler mes cousins, répondre à une amie d'enfance, mettre des sous de côté, et préparer un
voyage pour de bon.
Et en attendant que j'aille enfin acheter son album, j'écoute toujours beaucoup "your shoulder" de Lisa Li-Lund (la soeur
de David Herman Düne...), sur son compte MySpace.
8 novembre, 14h30, 208
Il fait froid. J'ai ressorti mon manteau rouge.
J'aimerais vraiment arriver au moment où le moindre détail, comme un vêtement,
ne déclenche pas des souvenirs oubliés. Ce manteau, je l'ai acheté avec lui, forcément. Ce manteau, je l'ai mis tout l'hiver.
Je l'ai porté pendant toute la période des fêtes. Je me souviens d'avoir reçu un joli compliment inattendu de la part du fondateur
d'une librairie anglaise que j'aime beaucoup. Je traversais les rayonnages, avec mon manteau rouge, avec mon bonnet rouge
de père noël, un 24 décembre, quand j'ai simplement entendu un "You have the cuttiest christmas look I've ever seen". Je n'ai pas su quoi
répondre à part un "thank you" embarrassé. Est alors arrivé julien, pour m'emmener dehors.
Maintenant que j'y repense,
ce moment me fait l'effet curieux d'une lueur dans une période floue et inconsistante. Je pensais être aimée. Je
l'étais sûrement à sa façon, mais finalement, je n'en suis pas sûre, voire... pas. Il me semble même certain à présent que
lorsqu'il est revenu le ... 23 décembre ? après avoir disparu pendant deux jours entiers, ne donnant plus de nouvelles du
jour au lendemain, il avait sans doute déjà l'intention de repartir le 2 janvier. Jusqu'à présent, je n'arrivais pas à
me faire à cette idée. Et puis... ce matin, je me suis souvenue d'un bout de phrase de sa part de cette conversation que j'ai
eue au téléphone avec lui avant de partir à Bordeaux, quand j'ai appris que ses amis étaient tous au courant depuis une
bonne semaine avant son départ. "je leur ai demandé leur avis pour savoir quand partir, ma décision était déjà prise, mais
je ne savais pas quand partir, s'il fallait attendre que ton anniversaire soit passé ou pas. La dernière fois, j'avais
essayé avant les fêtes, c'était pas bon, et après les fêtes, ça allait pas non plus."
J'en conclus finalement qu'il est probable qu'il attendait le 2 janvier pendant toute la période des fêtes. Et quand je pense
donc à présent à toute cette période, ça me fait souffrir, parce que je me rends compte que c'était faux aussi. Et moi...
j'y étais. Je revois la personne absolument aimante de cette période là, qui faisait semblant devant moi en permanence et
devant ceux qu'on avait vus pendant cette période. Je repense au 31 décembre. Au 24. A tout ce qu'on a pu dire ou faire.
Je me dis encore "mais peut-être que non, il n'avait pas l'intention de repartir, j'ai du faire quelque chose qui a fait
qu'il m'a jetée ainsi le 2 janvier, qu'est-ce que j'ai fait ? Je ne m'en souviens pas, je n'arrive pas à m'en souvenir".
Il m'avait dit qu'il avait besoin de parler avec un ami, et que je pouvais revenir le soir. J'avais appelé le soir,
il m'avait dit que c'était fini et que c'était décidé et prévu depuis longtemps. La même chose, oui. Je n'avais rien compris.
Il avait dit à cet ami que je faisais du chantage affectif. Cet ami l'avait obligé à venir me voir. Je crois que lui-même
ne comprenait pas. Peut-être parce qu'il n'y avait rien à comprendre ? Peut-être parce que ça dépassait ce qu'on pouvait
comprendre ? Sa propre logique, oui. La sienne, sans cohérence. Celle où quand je lui demandais le 2 janvier au soir pourquoi
il m'assurait avec autant de conviction qu'il resterait avec moi deux jours avant, il me répondait que c'était "la chose à
répondre sur le moment".
Je ne sais
plus qui m'a dit récemment que de toute façon, quand on pensait à julien, on n'arrivait plus à y voir de logique ni de
cohérence, rien que des sables mouvants.
6 novembre, 14h, 207
On m'a dit que ça commençait à dater et que je devrais passer à autre chose, et je me suis sentie coupable de ne pas y
arriver. Et puis je me suis sentie en colère aussi, quand on m'a dit qu'il avait tiré un trait sur cette histoire et pas
moi. J'ai l'impression qu'on m'accuse de m'y accrocher. De faire exprès de m'y accrocher. Je savais que les mois passant,
on commencerait à me dire ça, je m'y attendais, et ça y est, je ne veux pas commencer à me défendre là dessus aussi. S'il a
tout fait pour arriver à tirer facilement un trait là dessus, oui, effectivement, il l'a fait, et à mes dépens, donc
forcément, lui, il a tiré un trait. Et pas moi. Alors ça prendra le temps que ça me prendra. Et le mieux ? Je culpabilise de
m'énerver.
6 novembre, 00h, 206
Il y a particulièrement deux personnes qu'il va falloir que je remercie pour aujourd'hui ; celle qui a supporté de me
voir essayer sans succès de retenir mes larmes dans un quick à nation (je précise, tout de suite, ça remet les pieds sur
terre, le terme du fast-food, je ne sais pas pourquoi :) ) et celle qui m'a parlé de crayons... et qui m'a permis
d'arrêter de pleurer en me posant très clairement les choses. Et puis aussi une autre parce qu'elle m'a tenue compagnie au
comptoir du resto, et puis aussi Carla parce que ses commentaires m'ont aidée depuis le début, et puis Pauline pour
l'adresse du psy et pour me lire (et son blog est joli, ça ne gâche rien), et puis en fait tous les gens qui me soutiennent,
et puis je vais arrêter là parce que ça commence à faire discours de remerciements de remise des prix... :)
Je crois que je vais "tranquillement" continuer à me questionner et/ou à me poser par ici, à mon rythme, les "réponses"
me sont je crois encore nécessaires, et ne m'encombrent pas. Il faut que j'avance mais que j'accepte que parfois ça n'ira
pas. Il faut que je me calme. Il faut que je réfléchisse, que je dorme, que je fasse des choses toutes bêtes, que j'accepte
que les sentiments ne peuvent pas de mon côté partir du jour au lendemain et que c'est comme ça, mais que ça arrivera
sûrement un jour. Il faut que j'accepte sans m'y complaire que le traumatisme est là et que j'en sors.
5 novembre, 16h, 205
Bon... qu'est-ce que je fais, j'arrête d'écrire, sachant que pour moi ça équivaut à tout garder pour moi ? On m'y pousse,
à arrêter de parler de lui, alors j'imagine qu'il faudrait, et que je me taise, je n'en sais rien. Je ne vais pas bien, enfin
si, mieux, mais pas bien. J'aurais envie de parler mais je n'y arrive pas. Peut-être qu'il faudrait que je me taise pour de
bon en fait et que je fasse avec.
4 novembre, 20h, 204
Sa façon de me quitter est égale à sa façon de se conduire avec moi pendant la relation dès que ça n'allait pas.
Faudrait que ça rentre. En plus en ce moment je fais des crises de paranoïa, ça ne va pas du tout. J'ai l'impression que
ma tristesse ne s'en ira jamais. Le manque ne s'en va pas. Pourquoi montrer autant d'amour à quelqu'un qu'on ne supporte
pas ? Pourquoi autant parler d'avenir à quelqu'un qu'on sait qu'on va quitter ? Pourquoi faire des promesses qu'on sait
qu'on ne tiendra pas ? Pourquoi mentir à quelqu'un qu'on prétend avoir aimé ? Parce qu'on ne l'aime plus ? Est-ce suffisant
pour la trahir ? Pour ne plus la respecter ? Pour lui donner toute la culpabilité de la séparation ? Pour lui faire du
mal, tout simplement, bien plus que nécessaire ? Je ne comprendrai jamais.
4 novembre, 15h, 203
En fait, je n'étais même pas son amie. Sa copine, pas sa compagne, pas son amie. Et même s'il m'avait considérée comme
une amie, je vois ce qu'il a fait de certains de ses amis. J'ai la tête pleine de sentiments et de pensées en ce moment,
une douleur lancinante qui se traîne, des envies de pleurer, et rien à y faire.
Je me souviens beaucoup des disputes en ce moment. Celles de juin. Elles sont plus claires dans ma tête. Ce qui est curieux,
c'est que je me souviens surtout de l'après, des choses dites après, je me demande pourquoi. Si je me souviens d'une dispute
le 6, pourquoi serais-je allée au tribunal d'instance le 7 chercher les papiers nécessaires au pacs ? J'y étais allée
sans me poser de questions et sans aucun doute. Peut-être tout simplement
parce que je pensais qu'il m'aimait et qu'il me le disait et me parlait du pacs et du mariage à venir, le tout dans le but
finalement de me rassurer et d'éviter le conflit... ? Parce qu'il me laissait penser que la dispute n'était pas grave et ne
remettait rien en question ? Est-ce que je m'aveugle ?
Je me souviens qu'il avait pris son après-midi du 6 parce qu'on s'était
disputés au téléphone le midi de ce jour là. Je me souviens clairement que je pleurais parce que ça me faisait de la peine,
mais surtout qu'il l'avait proposé spontanément. Que j'avais refusé puis fini par accepter. Qu'on s'était promenés tout l'après-midi
en parlant de mariage, en se tenant la main, en faisant des choses normales. C'est étrange. C'est donc que tout était
peut-être réglé dans ma tête. Et je me souviens maintenant qu'il m'a reproché après son départ d'avoir du prendre
cette demi-journée et que ce n'était pas normal, et que ce jour là à midi il avait essayé de me "parler des problèmes"
sans y arriver.
Mais quels problèmes, puisque je ne les ai jamais entendus ? Et pourquoi me reprocher d'avoir pris cette
demi-journée s'il l'avait décidé et proposé tout seul ? Et pourquoi avons-nous seulement parlé de détails de mariage cet
après-midi là si pour lui ça n'allait toujours pas ? Je ne comprends pas, je sais que dans les ruptures il y a souvent la goutte d'eau qui fait déborder le vase
et qu'en attendant on fait comme d'habitude, mais là, j'ai une impression tenace de dissimulation totale. Et c'est sans doute
ça le fond du problème. Il ne connaît pas les limites à ne pas franchir entre la façon de continuer dans un couple alors
qu'on ne s'y sent plus bien, et la dissimulation complète de ses vrais sentiments jusqu'à dire l'inverse de ce que l'on
pense. Et si en plus il n'arrivait pas à s'exprimer, et si en plus il refusait l'affrontement, et s'il était incapable de
supporter de faire de la peine... Mais qu'est-ce que j'aurais du faire, moi ?
2 novembre, 13h30, 202
C'est difficile pour les gens qui l'ont connu un peu, c'est difficile pour moi particulièrement, d'accepter l'idée
simple que ce soit un type pas bien. Il y a cette tendance à lui prêter des raisons "nobles" ou "morales" à ses actes,
démolies les unes après les autres en entendant les vraies raisons, juste "peur, lâcheté, égoïsme, pas de regrets".
Quand on l'a connu, c'est extrêmement difficile. Le temps passe tellement lentement dans l'acceptation, je me trouve tellement
lente. On m'avait dit au début que ce ne serait qu'une question d'occuper mon temps, entre autres. Comme souvent, ce
qu'on m'a dit était vrai. Je relis ou repense parfois à tout ce qu'on m'a dit. Des paroles pleines de bon sens le plus
souvent, que je n'étais pas capable de comprendre sur le moment, mais qui ne sont pas perdues.
Faire le deuil d'une relation prend tellement de temps déjà. Je crois que mes sentiments étaient assez profonds. Il m'aurait
fallu quelques signes me montrant que ça n'allait pas de son côté, histoire de pouvoir me préparer un peu avant. Mais à
chaque fois que cela aurait pu se voir, il mettait une énorme couche de "bonheur et félicité au présent et à venir" par
dessus, effaçait les traces. Je ne sais pas pourquoi il faisait ça, mais je sais qu'il le faisait. Je sais bien aussi que
ce n'est pas "normal" comme comportement... Tellement pas normal que j'ai vraiment cru que... c'est moi qui avait voulu
m'aveugler. J'ai encore des doutes... Comment enlever ces doutes ?
Le cerveau humain est bizarre. Je pourrais penser à sa façon de me traiter depuis le 20 juin à 20h, histoire de ne pas
avoir en tête autant de "beaux" souvenirs qui me font pleurer, faux ou pas. Ca ne marche pas, il y a une sorte de frontière
entre avant et après. Il m'aurait fallu des déceptions, des désillusions, des signes, des disputes sans "bonheur absolu"
derrière, et tout ça _avant_ qu'il parte. Le processus est enrayé. Au lieu de descendre relativement lentement, je suis
passée en une heure à "je vais faire ma vie avec toi et je rentre" à "ça fait une semaine que je me prépare et je n'ai
jamais eu l'intention de rentrer". Ca fait un sacré choc. Ca fait une chute de haut, de très haut, de trop haut.
Une partie de moi me souffle que j'ai de la chance. Essaie de me convaincre que quelqu'un capable de faire ça ne va pas bien.
Et que donc, je n'aurais jamais pu vivre avec lui. Je ne suis pas convaincue encore, voire pas, que ce n'est pas de ma faute.
Je me dis souvent "qu'est-ce que j'ai fait pour le pousser à partir de cette façon là ?". J'aimerais arriver à arrêter
de me poser cette question.
1er novembre, 22h, 201
Les pensées sont tellement assourdissantes dans ma tête que je peux rester immobile et silencieuse à regarder le vide
très longtemps, trop longtemps pour ne pas paraître étrange.
J'ai commencé à ranger les piles de livres et les cartons qui étaient entassés partout. Et plus je rangeais, et plus
l'absurdité totale de son comportement me sautait aux yeux. Qui peut jeter quelqu'un comme ça du jour au lendemain avec
préméditation ? Lui. Ca va finir par rester dans ma tête, un jour, un jour...
31 octobre, 22h, 200
Radio.blog refaite avec presque les mêmes titres, et... il fait froid.
T-shirt Dionysos.
Parfois je me demande si je ne devrais pas juste effacer tout le répertoire de photos de l'année écoulée pour ne pas
regarder son visage en juin, en mai, avant, et me retrouver à y chercher la moindre trace, le moindre indice de sa trahison,
de ses mensonges, et ne plus pleurer.
31 octobre, 14h30, 199
Je passe des nuits "formidables" où je rêve qu'il revient et qu'on vit ensemble. J'aimerais bien que mon inconscient
se calme un peu, parce que les réveils sont de plus en plus durs.
Je me sens toujours coupable de l'avoir perdu. Pourtant je me dis que je n'y suis pour rien dans la façon dont il a fini
par partir et que c'était cruel, enfin, j'essaie de m'en convaincre et on m'y aide. Et puis parfois (parfois !) j'arrive
même à me dire que sa façon de me traiter après, et sa façon d'être parti, est liée à ce qu'il est et à sa façon d'être
avant, et que je suis moins coupable face à quelqu'un de malhonnête. Que je n'ai sûrement pas pu le rendre malhonnête
quand il est parti et qu'il l'était aussi avant. Mais comme j'ai l'impression de chercher à me dédouaner en pensant ça,
ça ne dure pas.
Ce qui est "formidable" (ironie) aussi, c'est que je me surprends souvent à me dire ce qu'il m'a dit. "Tu cherches à t'en sortir
en rejetant la faute sur moi" m'a bien marquée. "C'est juste une rupture, et toutes les ruptures sont douloureuses, c'est tout,
c'est toi qui ne l'accepte pas, c'est tout", ça tourne assez bien aussi dans ma tête. "Trop fragile, la preuve, faut voir
comment vous réagissez là" (sa mère), revient aussi régulièrement. "J'ai essayé de parler des problèmes mais tu m'en as empêchée",
aussi.
Il paraît que j'étais la proie idéale pour des manipulateurs aguerris. Trop sensible et trop construite par rapport aux
autres. Trop attachée et trop amoureuse. Trop de confiance donnée. Des manipulateurs affectifs faisant une fixation sur
le chantage affectif et prompts à accuser les autres de leurs propres problèmes, et créant un terrain instable, des sables
mouvants où on a l'impression que c'est soi qui ne sait pas marcher sur du sol stable. C'était sûrement voué à l'échec.
Je me demande juste si j'ai eu tort de croire. Je m'accuse même de ça. Je m'accuse de tout, et je n'arrive plus à m'arrêter,
même si les mots "culpabilisation et manipulation" me sont répétés 10 fois par jour.
29 octobre, 1h30, 198
Des pâtes et des profiterolles, une envie de ranger qui ne se concrétise pas pour cause de très très mauvaise nuit voire
nuit carrément horrible mais après tout j'ai survécu et c'est tout ce qui compte maintenant non ?, 4 épisodes
de Dead Like Me, un concert de Dionysos où il paraît que j'ai sautillé / sauté en tee-shirt rouge, ma lecture de bouquins
qui avance, des cours enfin payés mais un compte dans le rouge iiiiiirk, bref, ma vie continue, alors si les crises
de "c'est ma faute c'est ma faute c'est ma faute" couplées avec "mais comment il fait pour vivre avec ce qu'il m'a fait
et comment faire pour surmonter ce qu'il a fait et c'est horrible à quel point il me manque encore" pouvaient ne pas
mettre leur grain de sel assez régulièrement, ça irait... Toujours pas été chercher ce fichu carton à la cave.
28 octobre, 13h, 197
Je me suis réveillée en colère avec l'impression d'avoir été utilisée pendant 15 mois puis jetée comme un truc inutile
dont on ne veut plus, sans aucun égard ni considération, du jour au lendemain, un truc qu'il n'était même pas utile de
prévenir d'avance puisque je ne suis pas un être humain, bon vent et débrouille-toi je ne te connais plus même si je te
parlais mariage la veille.
Toute sa famille pense comme lui en pire et ne comprenait pas qu'il réponde encore à mes appels les jours qui ont suivi.
Je ne comprends que maintenant son "j'aurais pu faire pire et ne pas répondre du tout", il est tout simplement le moins
"atteint" de sa cellule familiale. C'est affreux, j'en serais presque à le plaindre s'il ne m'avait pas autant fait souffrir
et si je ne pensais pas qu'on a toujours le choix de ses actes. Je comprends maintenant aussi son incohérence par rapport
au bail de l'appartement. A partir du moment où il est retourné là bas, et les jours passant... je me souviens l'avoir
supplié de ne pas retourner là bas au moins. Je sais maintenant pourquoi. Il est responsable de ses actes, mais ça n'a
rien arrangé.
Je sais pourquoi j'écris. J'essaie de m'extirper tout ça de la tête, j'essaie de guérir. J'essaie de me raisonner. Je ne
sais pas si c'est le meilleur moyen, mais je ne peux pas faire autrement, je suis comme ça, et ça se passera comme ça.
Et même si c'est long, très long, ça avance. Je me demande comment on fait pour vivre avec une conscience comme la sienne,
la mienne me laisse déjà peu en paix... Au milieu de gens que j'aime bien, j'ai réalisé que la vie continuait sans lui
et qu'il ne manquait pas. Tant pis pour lui.
27 octobre, 19h, 196
C'est quand même dingue comment je finis toujours par culpabiliser. Régulièrement, je reste persuadée que c'est ma faute.
Je lutte vraiment parfois des heures durant pour me dire que quelqu'ont pu être mes erreurs, je ne méritais pas une telle
fin, une telle rupture qui n'en est même plus une tellement elle a été violente, et que cette façon de se comporter et
d'agir n'est non seulement pas morale, mais bien de son fait à lui, etc... Mais je continue à m'accuser.
En sortant donner mon cours tout à l'heure, j'ai croisé le petit garçon (à peine deux ans) d'en face, assis sagement dans
l'escalier à attendre sa maman qui était remontée chercher des affaires. Il avait la tête collée aux barreaux de l'escalier
et tenait un petit sac poubelle entre ses genoux : c'était assez bizarre à voir... En arrivant en bas ma voisine du rez-de-chaussée
me dit qu'elle garde un colis pour moi et va me le chercher : elle revient avec un énorme carton où je reconnais
l'écriture de julien, posté avant-hier. J'ai donc ouvert le carton pendant qu'elle discutait avec la maman du petit garçon
et le petit garçon lui-même et son sac poubelle, puis avec le voisin du premier qui sortait prendre son café... ça m'a
bizarrement aidée à rester calme pendant que j'ouvrais ce carton qui contenait des décorations de noël dont j'avais oublié
l'existence, quelques photos d'amis et de mes cousins, et un dvd de friends resté dans son lecteur de dvd, bref exactement
les choses qu'il m'avait dit qu'il lui restait quand j'étais allée le voir il y a deux semaines. J'ai tout mis à la cave
vu que je partais donner un cours, et maintenant que je suis revenue je n'ai pas envie d'aller le chercher.